En ces temps frais et pluvieux…

En ces temps frais et pluvieux, il n’est pas inintéressant d’aller faire un tour au musée.

A ne pas oublier la nuit blanche des musées  du 15 mai à 18 h au 16 mai à 3 h

A voir deux expositions temporaires au musée de Grenoble (6 mars – 30 mai 2010)

« De chair et d’esprit » dessins italiens du XV° – XVIII° siècles que possède le musée : 120 dessins que nous ne verrons qu’au mieux tous les 3 ans (problème de conservation). Lors de la visite guidée, j’ai appris entre autres choses que les œuvres sur papier (fusain, sanguine, encre, aquarelle, pastel, gouache…) sont appelées dessins, que le papier en ces temps pas si lointains était à base de chiffons et coûtait fort cher si bien que ce n’était que le Maître qui dessinait sur du papier, les apprentis n’ayant le droit de dessiner que sur des planches de bois enduites d’un certain apprêt qui pouvait s’effacer  et de ce fait permettre leur réutilisation. Bien entendu, je pourrais vous en dire plus, mais je ne pourrais que paraphraser ce qui est si bien dit par Narthex

« Lire l’impressionnisme : six tableaux, six maîtres »

Grâce au prêt exceptionnel de six chefs-d’oeuvre de l’impressionnisme, consenti pour trois d’entre eux par le musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne et pour les trois autres par le musée Thyssen-Bornemisza de Madrid, le musée de Grenoble offre la possibilité de porter un regard plus aigu sur ces peintures et ce faisant, de mieux comprendre ce qui en fait leur profonde originalité et leur caractère précurseur.

Ainsi, à travers des œuvres de Manet, Monet, Renoir, Degas, Pissarro et Van Gogh, sont abordés les thèmes de la frontalité de l’espace, de la libération de la couleur, de la fragmentation de la composition, de la simplification des formes… autant de caractéristiques qui remettent en cause les canons de la peinture académique du XIXe siècle et préparent les grands bouleversements de l’art moderne.  Ainsi l’on comprend que Van Gogh (mort à 37 ans ) les dépassait tous car il était capable de traduire ce qu’il ressentait alors que les impressionnistes  rendaient l’atmosphère du moment.

Stage avec un Maître Aquarelliste

Il y a un peu moins d’un an, j’ai programmé un stage avec le Maître aquarelliste Cao Bei-An dans le cadre de l’association « Céramique et Couleurs«   à Labastide de Virac (07). En raison des grèves SNCF et de l’éruption du volcan islandais, le stage a été décalé en fin de semaine 16. J’ai profité , grâce à l’offre de Mady Maertens, du décalage du stage, pour peindre dans son atelier une aquarelle de Venise. J’ai pu ainsi comparer deux aquarelles effectuées par moi-même à 4 jours d’intervalle , la première avant le stage,  à partir d’une photo prise par Mady et l’autre en fin de stage à partir d’une aquarelle de Bei-An et d’une démonstration faite par ce dernier. Bien entendu, la dernière est bien meilleure (composition, sujet, traitement) et pourtant mes débuts de stage furent difficiles…  Il m’a bien fallu deux demi-journées pour contrôler le maniement des brosses, le degré d’humidité , le papier… Bei-An fait des démonstrations,  c’est à dire qu’il réalise une aquarelle entière devant ses élèves (nous étions 16 !!) en moins d’une heure (en expliquant beaucoup)  soit en atelier (copie d’une de ses propres aquarelles), soit sur le motif. Ensuite, il laisse ses élèves se dépatouiller en passant les voir de temps en temps et en donnant quelques conseils.  J’étais plutôt paniquée lors de la première séance sur le motif, n’avais plus aucun repère et me sentais dans la peau d’un candidat devant rendre une épreuve à un examen et ne pouvant rendre qu’une feuille blanche. J’ai pu me ressaisir, ai trouvé un bout de coin à peindre  plus restreint que lors de la démonstration et ai sorti une aquarelle passable, Bei-An ayant ajouté une grande giclée d’eau lors de son dernier passage, trouvant le premier plan trop fort.

D'après aquarelle de Cao Bei-An

Aquarelle 1 (dimensions 45 x 35)                                                                                        Aquarelle 2 (dimensions 55 x 37)

Marchés

J’admire beaucoup Yves Pothier,  qui depuis plus de 4 mois, peint les rues et ruelles, montées, passages, monuments, fontaines, ponts… de Lyon. Je n’ai pas cette capacité et ce n’est que quand je suis dans mes chères montagnes du Queyras  que je suis capable de ce genre d’exploit. Actuellement où je ne peins qu’en atelier, j’ai réalisé deux aquarelles (dimensions 24 x 32) d’un marché à partir d’une photo de Jean-Paul , l’une avant mon stage avec Marc Folly, l’autre après. Je trouve la dernière  aquarelle (celle de droite) plutôt pagailleuse, (je ne dois pas avoir encore tout intégré de ces deux journées de stage), mais assez intéressante par ces clairs-obscurs très représentatifs de l’ombre d’un parasol en début d’hiver.

Petites nouvelles en ce début d’avril

Deux jours de stage (27/28 mars) avec Marc Folly et réalisation d’un pas à pas  à partir d’une photo de l’atelier d’un potier, d’abord en monochrome puis en couleurs.

Monochrome

Marc Folly se définit comme un artiste valeuriste  en quête permanente de la lumière. Il travaille l’aquarelle par les ombres suivant trois axes :  le dessin et la composition (qui correspond au temps nécessaire à la compréhension), puis les contrastes (les ombres qui permettent la profondeur et qui révèlent les objets) et en dernier le travail de la couleur (travail en trichromie : jaune indien, bleu outremer, rouge de garance foncé, par exemple). Mon observation de sa façon de peindre aussi bien pendant le stage qu’en regardant la vidéo «  la puissance de l’aquarelle  par Marc Folly » (Pratique des Arts Hors série Aquarelle) me donne à penser que c’est surtout la liberté du geste (pas de remords, lien entre les formes) qui est primordiale  dans son exécution d’une aquarelle.

Biennale des arts de Meylan

70 artistes, peintres ou sculpteurs, 3 lieux d’exposition : la chapelle du Clos des Capucins (sculptures et peintures abstraites), la Maison de la Musique (aquarelles, pastels, huiles), le Centre des Arts (figuratif), du 1° au 11 avril à Meylan.

Trois de mes aquarelles sont exposées à la Maison de la Musique.

Exposition d’aquarelles de l’atelier de Frédérique Sirvent du premier au 30 avril à la bibliothèque  ALAS  du CEA  Grenoble (rue des Martyrs 38000 Grenoble) : trois  aquarelles exposées.

Le sujet commun et « Sad Face /Happy Face »

Rien à voir entre le sujet commun et Sad Face/Happy Face ?  Et bien si, la danse.

La MC2 de Grenoble proposait samedi 20 mars  l’intégrale de la trilogie Sad Face / Happy Face du Flamand Jan Lauwers comprenant La Chambre d’Isabella, Le Bazard du Homard, et La Maison des Cerfs. Je n’aurais pas cru tenir les 7 heures du spectacle (15 h – 22h), même entrecoupées de 2 entr’actes de 30 minutes mais j’ai tenu et le public a ovationné la trilogie, mélange de danse, de théâtre et de musique, Jan Lauwers et sa troupe. Je pensais pouvoir faire des croquis pendant le spectacle mais la salle était comble, donc pas de place pour griffonner  donc pas de croquis, à part celui de mes voisins lors du deuxième entracte .

Une fois par trimestre, notre association propose un sujet commun. Ce trimestre-ci, le thème en était soit la danse, soit la création d’une œuvre à partir d’une photo de barques. Les peintres ont ovationné le thème de la danse puisque les ¾ des peintres l’ont choisi.  Comme je ne savais pas choisir, j’avais fait, comme beaucoup, les deux sujets, les barques  et la danse.  En voici mes interprétations. Aquarelle « les barques » (40 x 30)

Aquarelle « la danse » (50 x 40)

Atmosphère, mimétisme et liberté

Il est plus facile de peindre à la manière de X, Y ou Z …  plutôt que  d’essayer de trouver sa propre écriture et pourtant notre propre écriture est souvent beaucoup plus créatrice.

Un exemple ci-après : j’ai fait samedi dernier une stage d’une journée d’aquarelle  avec une aquarelliste bien connue dans la région de Grenoble. Le sujet en était de trouver ses propres couleurs pour créer une atmosphère en travaillant à partir d’une photocopie en noir et blanc. Je me savais pas aussi influençable, six heures ont suffi pour que je fasse du DT. espérons que je retrouverai ma propre écriture tout en  gardant quelques acquis de cette journée.

Aquarelles (30 x 40 et 40 x 50).

Journal de bord en aquarelle ou le récit de 7 jours en montagne


Passage délicat du col du Lautaret. Aquarelle (24 x32)

Passage délicat du col du Lautaret le samedi 27 février en raison des congères formées par le vent et par le flux des vacanciers. Le col fut ensuite fermé. Croquis rapide pendant l’attente, aquarelle effectuée ensuite en atelier.


Contraste roches neige (Aquarelle 32 x 24)

Montée à la chapelle Clausis au- dessus de Saint Véran le premier mars. A noter, il fait beau. Ce qui m’intéressait était le contraste dureté des rochers, douceur de la neige. Croquis fait sur place, j’avais oublié ma boîte de peinture, aquarelle effectuée en atelier.

Majesté de la montagne : aquarelle (24 x 32)

Montée au Villard au-dessus de Ceillac le 2 mars. Ce que je voulais faire passer comme message était l’écrasement du village   et  la majesté de la montagne. Il faisait beau et très froid, l’eau gelait sur le pinceau : croquis au crayon repris plus tard en atelier.


Jeu d’ombres et de lumière. Aquarelle (24 x 32)

Montée au Villard le 5 mars, temps ensoleillé presque chaud, aquarelle sur place, le jeu d’ombres et de lumière m’ayant attiré.


Ombres et lumière sur Ceillac (Aquarelle 24 x 32)

Ceillac le 6 mars. Peint bien au chaud dans la voiture, température glaciale malgré le soleil. Aquarelle lavée puis reprise ensuite.


Coucher de soleil sur le village (Aquarelle 24 x 32)

Risoul au coucher du soleil le 6 mars. Vue de ma chambre. Aquarelle reprise au pastel.

Ceillac le 7 mars, le temps se gâte et pourtant le lendemain il faisait très beau.

Deux aquarelles peintes de la voiture : temps très froid, et la troisième vue de ma chambre.

Le temps se gâte (aquarelle 24 x 32)

Mauvais temps sur Réotier (Aquarelle 24 x 32)

La piste des débutants  (Aquarelle 32 x 24)

La chaîne de Belledonne et Turner


Aquarelle : la Chaîne de Belledonne et le Grand Colon (dimensions 30 x 40)

De notre atelier,  au Clos des Capucins, nous voyons les sommets enneigés de Belledonne. Cette chaîne tire son nom du plus haut sommet, les trois Pics de Belledonne.  Le massif  s’étend sur 60 km  de long et 10 km de large entre la vallée de la Romanche au sud et la vallée de l’Arc au nord et comprend trois chaînons principaux, le massif de Belledonne proprement dit (point culminant, les trois pics de Belledonne 2977 m) , le massif des Sept Laux (point culminant le Rocher Blanc 2927 m) et le massif d’Allevard (point culminant le Puy Gris 2908 m).

Au temps de ma jeunesse étudiante, je faisais partie d’un club de montagne, le GUM (Grenoble Université Montagne) et ai ainsi parcouru à ski ou à pied une bonne partie de la chaîne qui domine Grenoble. La ballade la plus « bavante » pour moi est dans mes souvenirs le Rocher Blanc en partant de Fond de France par la Combe Madame : 1800 m de dénivelée !

Maintenant, c’est avec mes pinceaux que je parcoure la chaîne. Elle n’est pas facile à rendre, la bougresse, tout en pics pointus, ombres et lumières et ce n’est pas parce que l’on a eu l’honneur de mettre ses pieds ou ses skis sur elle, que l’on regarde le passage des nuages sur le Grand Colon ou sur Chamrousse en permanence que l’on y arrive. Ah !, j’aimerai bien être Turner qui a su si bien rendre la lumière sur les Alpes (A voir absolument au Grand Palais : Turner et ses peintres, ou tout au moins à  écouter, regarder  » un soir au musée » 25/02, 21 h 35, France 5).

Exposition : la Société des Amis des Arts de Grenoble

Une foule nombreuse se pressait hier dans l’ancien musée de peinture  de la ville de Grenoble pour le vernissage de deux expositions, le salon annuel de l’ACMAD (Association pour la Création d’un Musée des Artistes Dauphinois) et le 87ème salon de la société des Amis des Arts de Grenoble (SADAG) : invité d’honneur  Claude Favard-Bonnot.

188 œuvres de 70 artistes (dont j’étais sous le numéro 68) sont exposées dans le cadre de La SADAG, association qui refuse toute sélection contrairement  au « salon des Amis des Arts de Voiron » par exemple. De nombreux prix furent distribués,  la médaille d’argent revenant à notre ami Yves Gusella pour deux beaux nus.

L’exposition est ouverte au public du 17 février au 1° mars 2010 tous les jours de 14 h à 18 h sauf le mardi

C’est en 1850, que la SADAG qui existe depuis 1832 (et même 1667 sous le nom de l’Académie de peinture de Grenoble) décerne pour la première fois des médailles aux meilleurs concurrents. Lesquels concurrents viennent de toute la région, y compris de Lyon, puis de beaucoup plus loin, de Paris, quand le rail arrive à Grenoble (1859). Des peintres célèbres comme Corot, Courbet, Jongkind, Monnet, Pissaro… et des sculpteurs tels Doré et Rodin y ont exposé à côté de peintres locaux tels  Achard, Apvril, Calès, Flandrin… Jusqu’à 1022 œuvres sont exposées (en 1909) puis la SADAG décline à partir de 1913, des querelles éclatant entre artistes (les vrais et les tâcherons), les subventions publiques se raréfient, le salon quitte le musée et erre de salle en salle. Ce n’est que depuis l’ouverture du musée de Grenoble que le salon retrouve son ancienne destination.

Références

  • Bulletins de l’Académie delphinale, 1991
  • Deux cents ans de peinture dauphinoise, 2e éd., par Maurice Wantellet.
  • http://amisdesartsgrenoble.free.fr/histor.htm

Ombres

Ombres et lumière dans la vallée du Cristillan le 13 février 2010 (Aquarelle dimensions 29 x 29)

Il faisait un peu trop froid  samedi dernier pour peindre sur le motif (l’eau gelait instantanément sur le pinceau), si bien que j’ai fait seulement un rapide croquis de ce paysage dans la vallée du Cristillan (Ceillac Hautes-Alpes) des ombres allongées des mélèzes, croquis que j’ai repris en atelier.

Je n’ai pas encore cédé à la mode en cours parmi les aquarellistes de l’association des peintres et artistes meylanais (APAM) qui est de travailler en très mouillé, façon Ewa Karpinska*,  David Chauvin**, Myriam Paslier  et bien d’autres car je trouve cette méthode inadéquate à ce que je fais généralement c’est-à-dire peindre sur le motif. Mais je vais essayer…,  un jour…, où je serais à coté d’un ruisseau.

*Ewa Karpinska « Secrets d’aquarelles». Pratique des Arts Hors-série Aquarelle : DVD vidéo

** David Chauvin « Comment je compose mes natures mortes ». L’Art de L’Aquarelle N°3, p 82-85.